Amour de soi

Et si je vous disais que tout commence par l’amour de soi

Ce matin, je me suis réveillé avec un verset biblique dans la tête.

Tu aimeras ton prochain comme toi-même”. Oui, le très fameux commandement que l’on retrouve dans Matthieu 22:39, pour ceux qui lisent la Bible.

 Ce n’est pas tant le commandement lui-même qui m’intriguait, mais une question bien spécifique que je n’arrêtais pas de me rejouer dans la tête.  Et si on ne s’aimait pas soi-même, peut-on et doit-on toujours aimer son prochain?

 Sauf erreur d’interprétation, le commandement est bien clair. Il ne dit pas tu aimeras ton prochain tout simplement; il apporte la précision “comme toi même”, un détail très significatif.

 En d’autres termes, l’amour d’autrui commence par l’amour de soi. Une autre façon de le voir est qu’en réalité, nul ne devrait aimer son prochain plus ou moins qu’il ne s’aime.  A bien y voir, il s’agit en fait de deux commandements en un.

 Examinons le premier aspect.

Aimes-toi!

 De manière simple, s’aimer soi-même c’est se reconnaitre une valeur physique/matérielle, cognitive/intellectuelle et émotionnelle; c’est tenir à soi, se ménager, prendre soin de soi, se protéger et se préserver de toute atteinte négative en sa personne. C’est être une « bonne mère » pour soi-même.

Selon une étude menée par Jerry Suls de l’Université d’Iowa, l’adulte moyen dérive son amour-propre de selon s’il s’estime supérieur ou pas à la moyenne de son environnement socio-professionnel dans les domaines énoncés ci-dessus (valeur matérielle ou physique, valeur intellectuelle et valeur émotionnelle).  Il y a donc un important degré de relativité dans l’amour de soi. Il ne dépend pas uniquement des conditions physiques, intellectuelles ou émotionnelles de l’individu, mais bien de comment ce dernier se perçoit dans ces différents domaines, par rapport aux autres. Dans une de mes précédentes vidéos j’explique l’ironie de ce phénomène.

Une chose est certaine,  s’aimer soi-même est indispensable pour apprécier la vie et autrui. Et comme un effet boomerang, plus on apprécie la vie, plus on s’aime. Imaginez par exemple pendant quelques secondes à quoi ressemble la vie d’une personne qui se trouve laide, inutile et intellectuellement inférieure à son entourage. Un véritable enfer n’est-ce pas ? On est donc d’accord qu’on ne peut aimer autrui que si l’on s’aime soi-même. Examinons maintenant l’autre côté de la pièce.

Aimes ton prochain comme toi-même!

L’amour du prochain est au centre des principes moraux chrétiens et de bien d’autres courants spirituels. C’est la plus haute expression de notre unicité en tant qu’êtres humains, indépendamment de notre race, genre et d’autres différences apparentes. De ce point de vue, l’amour du prochain équivaut à l’amour de soi, car du fait que nous sommes tous un, ce que nous projetons envers autrui, nous le projetons envers nous-même. Cette vérité métaphysique n’est pas toujours explicitement énoncée, ni même expliquée par les apologues de l’amour du prochain, qui préfèrent fonder leur argumentaire sur des principes moraux et religieux qui marchent d’ailleurs tout aussi bien.

L’amour du prochain est donc socialement, religieusement, moralement et spirituellement bon pour l’Homme. Mais dans quelle mesure faut-il aimer autrui ? Que faire de la locution conjonctive « comme toi-même » dans le fameux verset biblique ?

Il est important ici de faire la distinction entre l’amour d’autrui tel que décrit par la doctrine du pur amour et qui se traduit par la désappropriation de soi et de ses désirs et l’amour d’autrui dans le contexte de l’interaction social. Le premier renvoie aux concepts plus élargis du sacrifice de soi et de l’humilité, souvent au nom de l’amour que l’on a pour une déité. Le deuxième met beaucoup plus l’accent sur la manifestation de l’amour d’autrui sur le plan de l’interaction humaine. C’est sur ce dernier que nous nous pencherons ici.

Dans ce contexte, nous devons mettre en garde contre l’amour excessif d’autrui, car ce dernier est en contradiction directe avec l’amour de soi.   C’est de ce type d’amour que naissent la dépendance émotionnelle, les relations toxiques et abusives et les comportements obsessionnels. Rappelez-vous notre définition de l’amour propre plus haut.

 Tout amour d’autrui qui nous force à renier qui nous sommes, physiquement, émotionnellement ou intellectuellement, n’est en fait que l’expression de notre peur d’être seuls face à nous-mêmes. Ce n’est pas de l’amour, mais de l’insécurité et de la peur.

De même, l’amour excessif de soi autrement appelé mégalomanie n’est pas un amour de soi, mais un désir profond de compenser ce qu’on n’arrive pas à obtenir intérieurement. Ce type « d’amour » cache très souvent, un profond sentiment d’infériorité. Un enfant qui prend plaisir à harceler et malmener les autres dans la cour de l’école, souffre en réalité d’un complexe qu’il tente de résoudre en s’acharnant sur les autres.

Un amour de soi sain c’est donc savoir se reconnaitre de la valeur, tout en accordant la même valeur aux autres. Dans notre programme de coaching dans ce domaine, nous conseillons à nos apprenants de suivre les sept étapes suivantes pour y arriver.

Identifiez et faites face à vos perceptions négatives de vous-mêmes!

On dit que le premier pas vers la guérison est de reconnaitre qu’on est malade. Il convient donc de commencer par reconnaitre qu’on manque d’amour-propre. Ce ‘mal’ se manifeste souvent sous la forme de pensées et d’affirmations négatives qu’on se répète dans la tête continuellement. « Je ne suis pas assez intelligent(e) pour ce poste » ; « ce mec est trop beau/cette fille est trop belle pour moi » ; « je n’arriverai jamais à faire ce qu’il/elle fait » etc. Notez ces affirmations/pensées et efforcez-vous de trouver des preuves qui les contredisent.

Identifiez et énumérez vos qualités!

C’est Albert Einstein qui l’avait bien dit : « Si vous jugez un poisson par son aptitude à grimper aux arbres, il passera toute sa vie à penser qu’il est idiot ». Nous ne naissons pas tous avec les mêmes aptitudes, mais nous en avons tous. Il ne s’agit donc pas de faire exactement comme l’autre, au risque de se créer des complexes lorsqu’on n’y arrive pas. Il s’agit d’identifier ses propres aptitudes et qualités et de les maximiser. Faites une liste aussi longue que nécessaire, de vos qualités et relisez-là chaque jour jusqu’à ce qu’elles s’imprègnent dans votre subconscient. Vous pouvez également les enregistrer sous formes d’affirmations positives et les écouter quotidiennement.

Libérez-vous de vos relations toxiques!

 Toute personne est entourée de personnes qui ont un impact positif ou négatif sur elle. Évitez les personnes qui vous confortent dans votre perception négative de vous-même ou qui nourrissent cette vision de vous soit à travers leurs opinions de vous ou les actes qu’elles posent vis-à-vis de vous.

 Allez-y mollo avec vous-même!

Personne ne peut être parfait à chaque heure de la journée, tous les jours. Et tout le monde a des moments de cafards, aussi positif que l’on soit. Votre niveau d’amour propre variera selon les situations dans lesquelles vous vous trouverez et cela est parfaitement normal. Certaines personnes sont plus à l’aise entre amis que parmi des étrangers par exemple. Tout comme certains sont plus doués au basketball et moins aux échecs ; le tout est de ne pas être trop dur avec soi-même. Pardonnez-vous vos erreurs et récompensez vos réalisations. 

Apprenez à dire non!

 Lorsqu’on manque d’amour ou de confiance en soi on a du mal à dire non. C’est ainsi qu’on se retrouve à faire des choses qui sont pourtant des désagréments pour nous, simplement parce qu’on n’ose pas dire non aux autres de peur de leur déplaire. Savoir dire non c’est avoir de l’assurance, un aspect très important sur lequel nous mettons l’accent dans nos programmes de coaching.

Travaillez sur vous-même!

Il est évident qu’il est plus facile de se sentir bien dans sa peau lorsqu’on est en bonne forme physique, financière et émotionnelle. C’est cela le paradoxe de l’amour propre : moins on en a, plus on se laisse aller alors que la solution consiste en partie à arrêter de se laisser aller.  En termes simples, travaillez pour devenir la meilleure version possible de vous-même sur tous les plans ! Cela vous boostera votre amour propre.

Sortez de votre zone de confort!

Les personnes qui manquent d’amour-propre ont tendance à se limiter à ce qui ne présente aucune difficulté pour elles ; la médiocrité. Lancez-vous des défis de temps en temps et dévouez-vous à les relever. Rien ne contribue à booster la confiance en soi mieux que le sentiment d’avoir réalisé ce qui apparaissait difficile ou impossible à réaliser.

Comme nous l’expliquons dans l’article Et si je vous disais que les connaissances seules ne suffisent pas ces quelques astuces ne feront réellement une différence que si vous les appliquez de manière soutenue et rigoureuse.