Saisis le présent

Il n’y a de garantie que le présent

L’un des plus grands mystères de la vie est ironiquement la mort. 

La cessation irréversible du fonctionnement du corps physique est l’aboutissement incontournable de notre existence terrestre. Nous le savons.  Je dirais même que c’est la seule vérité certaine et prouvée que nous avons de la mort ; le reste, c’est-à-dire ce qui se passe après, n’est que spéculation. 

Le fait que nous soyons vivants, implique donc nécessairement que nous mourrons un jour. Cette dualité va sans dire, mais aussi évidente qu’elle soit cela ne nous empêche pas pour autant d’être pris de cours lorsque nous perdons un proche. Nous pleurons et déplorons sa perte que nous jugeons la plupart du temps injuste, inopportune et précoce, même dans le cas de la mort de personnes du troisième âge qui ont pourtant vécu une longue vie. 

Le 12 décembre dernier, j’ai encore été confronté à la mort de manière très personnelle. Ma mère est décédée brutalement à l’âge de 66 ans, des suites d’un arrêt cardiaque. Il n’y a eu aucun signe préalable qui aurait permis d’anticiper son départ, pas de maladie posant une menace à sa vie, pas d’accident…absolument rien du tout. En l’espace d’une vingtaine de minutes, elle est passée de vivante à morte. 

Il y a un peu plus de cinq ans, ma sœur cadette nous avait quitté de façon similaire. Un moment on tchattait sur le groupe WhatsApp de la famille et 30 minutes plus tard, on m’annonçait son décès. 

Dans les deux cas, je suis resté inconsolable. La tête pleines de questions qui resteront probablement sans réponse. Des questions comme, pourquoi elle ? pourquoi maintenant ? Pourquoi Dieu a-t-il jugé bon de les rappeler maintenant ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Mais dans ma mélancolie profonde c’est surtout la réalité tragique que plus jamais elles ne feront partie de mon existence physique qui est la plus dure à accepter. Nos conversations, nos rires, no célébrations, nos pleurs, le rôle qu’elles jouaient dans ma vie, en tant que mère et sœur, la fierté de partager avec elles mes bonheurs et le réconfort que je trouvais en elles en tant de malheur ; la joie de partager leurs joies et de leur servir d’oreille lorsqu’elles avaient besoin de se confier. Le simple plaisir de les voir et de pouvoir leurs parler à tout moment. Tout cela n’est plus.   

Je le sais tout comme je sais que cela arrivera à chacun de nous. Je l’accepte comme réalité contre laquelle je ne peux rien. Mais cette connaissance et cette acceptation n’apaisent en rien la douleur. 

Elle reste là en permanence, certains jours elle se fait plus pénible que d’autres, mais elle est toujours là. 

Cette vidéo est ma façon d’essayer d’extérioriser tout cela afin d’éviter d’imploser et de descendre dans l’abysse de la dépression. 

C’est aussi ma façon de dire à tous ceux qui ont perdu un proche récemment ou il y a longtemps, peu importe, que la seule façon d’apprendre à vivre avec cette douloureuse  réalité jusqu’à notre départ est de  nous accrocher aux souvenirs de ceux qui sont partis avant nous. De rendre grâce du fait qu’on ait eu le privilège de faire partie de leur vie et eux de la nôtre, mais aussi et surtout, de réaliser qu’aucun de nous ne sait avec certitude quand il quittera ce monde. Alors je vous implore, vivons chaque jour comme s’il était le dernier que nous passons avec nos proches. Ne remettons pas à demain la réconciliation avec nos amis, nos frères, nos sœurs, nos parents. Si vous souhaitez dire à un/une proche que vous l’aimez, dites-le lui aujourd’hui, si vous souhaitez leur demander pardon faites-le aujourd’hui, si vous souhaitez leur faire plaisir d’une manière ou une autre, faites-le dès que possible, car aucune minute, aucune heure et aucun jour de leur avenir ou du votre ne sont garantis.

La mort est aussi imprévisible que la vie et il n’y a de garantie que le présent. Alors saisissons-le. 

Car la seule chose pire que peine de ne plus jamais revoir la personne que l’on aime, c’est le regret de n’avoir pas saisi l’opportunité de faire toutes les choses que l’on voulait faire et pouvait faire pour elle ou avec elle, de son vivant. 

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